Histoire de Richardménil

Un peu d'Histoire

(Historique réalisé par Bernard Blondin)


Le nom de Richardménil apparait à l'approche de l'an mille. Il désigne alors le petit domaine peuplé de serfs d'un certain Richard. Il dispose de forêts, de vignes, d'un moulin et d'une église. (1).
AVANT QUE RICHARDMENIL NE S'APPELLE RICHARDMENIL 2
Comme tous les villages de France la commune a pris différents noms au cours du temps.
En 1198 RICHARTMESNIL (chapitre de l'abbaye de Clairlieu)
En 1242 RICHARTMAINIL (chapitre du prieuré de Flavigny)
En 1402 on trouve RICHARDIMENILUM (registrum)
En 1529 on trouve RICHARDMENY ou RICHARMESNIL (Tr des ch reg B18F40) ainsi que RICHARDMESNIL (dom Pulligny)
Sur d'autres documents on peut lire RICHARMINIL (Cassini) et plus proche de nous RICHARMENIL.
 
Lors de la formation du diocèse de NANCY en 1788, Flavigny devint chef lieu d'un doyenné dépendant de l'archidiaconné de NANCY comprenant entre autres communes RICHARDMENIL
 
2 - Dictionnaire topographique du département de la Meurthe :société archéologique par H. LEPAGE – MDCCCLXII
 

L'homme n'a toutefois pas attendu mille ans pour s'installer en ce lieu comme l'atteste la découverte de vestiges de deux établissements gallo-romains. Ceux mis au jour à l'emplacement du lotissement du Haut du lac témoignent que le bâtiment était couvert de tuiles, qu'il était chauffé par le sol, et que ses habitants utilisaient des poteries décorées en relief.
Au début du quatorzième siècle, le ban de Richardménil se partage entre deux familles: celle de Ludres qui vient d'en acquérir la majeure partie et celle des Armoises. Toutes deux y ont un château situé à faible distance l'un de l'autre, en contrebas du village.
Le château de Ludres est, à la période révolutionnaire, vendu comme bien national,et compte tenu de son mauvais état,détruit par son acheteur qui fait batir à la place la grosse maison blanche qui existe encore de nos jours. Un dessin de 1608 le représente sommairement. Les plans dressés pour sa vente font apparaître deux ailes flanquant un bâtiment principal encadré de deux grosses tours.
Celui des Armoises disparait en 1611. A cette date Henri de Ludres le  rachète et utilise tous  ses matériaux au profit de son château. Le professeur Giuliato qui retrouve  les traces de son existence dans les archives,  entreprend des fouilles sur son site de 1984 à 1989.
                          

La mise au jour des fondations confirme les renseignements écrits : c'était un édifice modeste construit sur une plate forme de 20 m de côté, flanqué de quatre tours et protégé par un fossé. L'abondant mobilier trouvé : tuiles, poteries, verres, carreaux de poêles, monnaies... fournit des indications précieuses sur le mode de vie d'un petit seigneur à cette époque. La découverte de carreaux d'arbalète et d'un petit boulet d'artillerie en pierre rappellent que la maison forte a connu des jours agités. Ainsi en 1443, en représailles d'exactions commises sur leur territoire par Collard des Armoises, les messins assaillent par surprise la maison forte de Richardménil et la brûle : "Petrement de Metz avec environ sept soldiours allont panre une forteresse en Loheraine que s'appeloit Richardmesnil et l'ardoent tout".
                                                                       

En 1476 lors du siège de Nancy par les troupes de Charles le Téméraire, les maisons fortes servent de refuges aux bourguignons.
En 1525 une révolte paysanne partie d'Allemagne gagne l'Alsace et menace la Lorraine. Le duc Antoine forme une armée et écrase les " rustauds".  Nicolas de Ludres seigneur de Richardménil qui commande l'avant-garde  et son neveu Ferri prennent  une part remarquée à cette guerre. Un tableau  situé dans l'église de Richardménil commémore l'événement : il représente les deux hommes  agenouillés en armure.  
En 1622 Henri de Ludres réputé violent et querelleur prétend obliger les habitants de Richardménil à monter à leurs frais la garde au château. Traduit en justice par ces derniers, il est condamné par les Assises de Lorraine.
En 1647,  Isabelle de Ludres la future " belle de Ludres" est baptisée à Richardménil. A  15 ans sa beauté extraordinaire attire l'attention du duc Charles IV (59 ans). Il l'a demande en mariage. Les fiançailles sont célébrées en 1663 dans l'église de Richardménil. Une maladie de la petite fiancée et une trop  longue convalescence vont amener le duc à lui  préférer la demoiselle d'Apremont âgée de treize ans. Rétablie, Isabelle est prise à Paris comme fille d'honneur par la duchesse d'Orléans. Elle participe à la vie de la cour à Versailles, où elle est remarquée. En 1676 elle est aimée secrètement du roi, En 1677 leur liaison devient publique, mais elle ne dure que peu de temps. En 1687 elle revient en Lorraine où elle achète des terres et reçoit le titre de marquise de Bayon. Elle  fait  reconstruire et agrandir à ses frais l'église de Richardménil et meurt en 1726 dans son hôtel de Nancy.


A la restauration la famille de Ludres, de retour d'émigration, s'installe dans son ancienne ferme de Ludres puis rachète ses terres de Richardménil et vient habiter  dans la grosse maison blanche qui existe toujours, construite sur l'emplacement de l'ancien château. cette famille de Ludres fait, plus tard édifier le château rouge (rouge comme les briques de ses murs). Il est détruit par un incendie accidentel lors de son occupation par les américains en septembre 1944 et finalement détruit après une tentative de réparation.

                                   
En 1789 la commune de Richardménil compte 186 habitants. Le recensement de 1851 lui en attribue 321. Il faut attendre cent ans pour qu'elle approche les 400 habitants (393 en 1954).
 



Si la population évolue peu,  le village lui, change, comme en témoigne l'état de la commune dressé par son maître d'école en 1930 : " Le village a pris un autre aspect, des maisons coquettes forment maintenant le quartier de Laval. Des cafés accrochent les passants, attirent les pêcheurs fort nombreux pendant la belle saison.  L'électricité est partout installée.  La route a été élargie dans la traversée du village et les  vieilles masures qui faisaient tache sur la place publique ont été rasées. L'intérieur de l'église est somptueux. Seule la maison d'école (le bâtiment de l'actuelle pharmacie) est à peu près ce qu'elle était il y a un siècle !".



    
Il faut quelques prises de fortifiants pavillonnaires pour que la commune passe dans la tranche des plus de 1000 habitants en 1975, dépasse les 2000 en  1982 (2483), et arrive à un peu plus de 3000 en 1990.
L'histoire cède la place à l'actualité. 
 
 (1) mansionile déformé en mansile puis mesnil, accolé au nom de son propriétaire,  désigne au début du moyen âge un petit domaine rural.